• Linda WIDAD

L'état déprecif (non, il n’y a pas de faute d’orthographe)

Lorsqu’un patient s’annonce dès le début de la thérapie comme étant en dépression, il est nécessaire d’y aller avec prudence et de lui proposer de définir ce qu’il entend par ce terme.

Parfois, après quelques séances, et tout en respectant le ressenti du patient, il se trouve qu’il n’y a point de dépression. J’aime alors à parler d’un passage dépressif, au sens météorologique du terme, avec le mauvais temps qui l’accompagne.

En creusant un peu plus en profondeur, j’ai pu constater que parfois la dépression n’est pas celle du patient, mais celle d’un parent. Elle se transmet comme un langage. Ce qui arrive fréquemment est que le patient a été dans une relation très proche, voire fusionnelle dans son enfance ou adolescence, avec le parent dépressif.

Lorsque le patient ne sait parler que le langage de la dépression, il en prend toutes ou une partie des caractéristiques. Si vous avez un parent qui vous parle en suédois tous les jours, vous parlerez naturellement le suédois. Le patient ne fait que répéter des signes qui lui sont familiers et tout le travail de la thérapie est de l’accompagner vers un autre langage. Sur le même modèle de l’apprentissage d’une autre langue, cela va demander un effort régulier, et au départ cela peut paraître ardu et inconfortable. Certains patients qui sortent du schéma dépressif, se plaignent au départ d’un ressenti étrange à vivre une vie plus apaisée. Parler le langage du « bonheur » n’est pas inné.

Cette dépression par imitation provoque un réel état déprécif. Je m’autorise ce néologisme car il me semble plus juste pour décrire ce que la dépression parentale engrène chez le patient. La dépréciation étant un terme qui appartient au champ lexical économique ou comptable, un terme spécifique à l’état psychologique dépréciateur est préférable. Le patient, n’étant pas dépressif, est tout de même assez souvent déprécif, au sens où il se déprécie ou a un rapport dépréciateur envers lui-même, son entourage et son environnement. Il peut donc en effet avoir une perte de confiance en lui, broyer du noir et manquer d’énergie, avoir un regard morne sur le monde, parce qu’il ne sait pas dire et voir les choses autrement.

Se désolidariser de la dépression parentale entraine une certaine appréhension car il y a un conflit de loyauté. En effet l’enfant qui a été en fusion avec la dépression de l’Autre se sent en partie et même parfois totalement responsable de cet Autre. Ce dernier peut également se manifester en créant de la culpabilité ou en utilisant le chantage affectif, de façon plus ou moins consciente.

Pourtant, sans abandonner le parent dépressif, le patient déprecif ne pourra se sortir du langage de la dépression qu’ au prix de cette désolidarisation.

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